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AMD > Processeurs > K6

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Historique

En 1997, AMD avait accumulé un tel retard sur Intel, que beaucoup se demandait s'il allait survivre. En effet, AMD avait plutôt mal négocié la sortie des 486, en proposant des K5 très en deça des Pentium, et surtout très en retard, ce qui faisait que ses ventes étaient complètement en berne.
Pourtant, AMD trouva les ressources nécessaires pour sortir un processeur de qualité à même de concurrencer Intel, et Cyrix, peut-être pas au niveau des performances brutes, mais au moins au niveau du rapport qualité/prix, et qu'il nomma K6.
 
 

Le K6

En fait, ces ressources, AMD ne les trouva pas en interne, mais en rachetant une petite société, Nexgen. Cette société, peu connu du grand public, avait sortit peu de temps avant un processeur assez puissant mais n'ayant pas eu un grand succès commercialement parlant (encore moins que le K5), le Nx5x86, et planchait déjà sur son successeur, le Nx6x86.
Mais ils n'eurent pas le temps de finaliser son développement avant leur rachat par AMD, et le Nx6x86 ne sortit jamais, tout du moins pas sous ce nom... Car en pratique, après le rachat de Nexgen, AMD reprit directement tout le design du Nx6x86, le retravailla très légèrement, notamment pour le rendre compatible du Socket 7 utilisé par les Pentium d'Intel (chose que n'avait pas prévu Nexgen...), puis le commercialisa sous le nom d'AMD K6, en Avril 1997.
Cet compatibilité avec le Socket 7, qui était peut-être ce qui avait manqué au Nx5x86 pour en faire un succès, rendait le K6 compatible avec l'immense parc de carte-mères conçues pour les Pentium et Cyrix 6x86, condition siné qua non pour pouvoir percer sur le marché des x86 de l'époque.
Le K6 qui partageait donc la même plateforme que ses concurrents, était plus puissant à fréquence égale que les K5 ou les Cyrix 6x86, et égalait presque les Pentium MMX, mais surtout, il était vendu beaucoup moins cher que les équivalent d'Intel. Ce qui, tout comme les Cyrix 6x86, lui permit de toucher une importante clientèle en quête de performances au meilleur prix.

Au départ cadencés à 166, 200 et 233 MHz (tout comme les Pentium MMX en pratique), des modèles à 266 et 300 MHz furent rapidemment commercialisés, en janvier 1998, à l'occasion du passage à une gravure à 0,25µm (au lieu de 0,35µm pour les premiers K6). Ceci permettait à AMD de proposer les plus puissants processeurs pour Socket 7, argument marketing non négligeable alors que la plateforme était toujours au sommet des ventes malgré la sortie des Pentium II d'Intel et leur plateforme sur Slot 1, encore un peu chers pour Monsieur Tout le monde.
Mais AMD pressentait qu'il fallait sortir quelque chose de nouveau, sous peine de rester sur place lorsque Intel démocratiserait ses Pentium II et sa plateforme sur Slot 1. Et c'est ainsi que le K6-2 vit le jour.
 
 

Le K6-2

Le K6-2 n’était qu’un simple dérivé du K6 auquel AMD avait ajouté de nouvelles instructions propres à AMD, appelées 3DNow !, sensées apporter une plus value en terme de performance mais surtout un argument marketing de vente supplémentaire… D’ailleurs, au départ le K6-2 s’appelait K6-3D, mais l’arrivée du Pentium II rendit opportun toujours d’un point de vue marketing, de le renommer en K6-2. Il fallait en effet le positionner par rapport à ce nouveau Pentium et laisser sous-entendre que c’était une vraie évolution du K6 comme l’était le Pentium II au Pentium. Et ce fut vraiment ça le coup de génie d'AMD : faire croire au grand public que grace à ce petit chiffre "2", le K6-2 était l'équivalent du Pentium II, comme le K6 avait été l'équivalent du Pentium, alors qu'en pratique, au niveau performance, le K6-2 était plutôt équivalent au Celeron (et encore)...
Le second coup de génie fut de conserver encore le Socket 7, permettant ainsi aux nouveaux acheteurs un vaste choix de carte-mères, fiables (car éprouvées) et peu chères, et aux propriétaires d'anciens Pentium de mettre à jour leur système avec un faible investissement, chose impossible avec le Slot 1 d'Intel. D'autant qu'AMD parvint à pousser ses K6-2 jusqu'à des fréquences de 550MHz (contre 266 MHz pour le plus puissant des Pentium MMX).

Néanmoins, cette grosse augmentation de fréquence ne se fit pas sans faire évoluer légèrement cette plateforme. En effet, pour améliorer les performances et essayer de suivre Intel et ses Pentium II, il fut nécessaire d'augmenter le FSB au delà des classiques 66MHz supportés en standard par le Socket 7. On ne parlait alors plus de Socket 7 mais de Super Socket 7, souvent nommé simplement Super 7, celui-ci ayant la possibilité d’avoir un bus allant jusqu’à 100 MHz. Les premiers K6-2 avec des FSB supérieurs à 66 MHz pouvaient néanmoins tourner avec des FSB de 66 MHz, moyennant une augmentation du coefficient, dans le but de faciliter la transition Socket 7 vers Super 7. Ce fut le cas des K6-2 à 300, 333, 366, 400 et 433 MHz. Ensuite, tous les K6-2 entre 450 et 550 MHz, ainsi que les modèles à 350 et 380, ne fonctionnaient qu'avec des FSB de 95, 97 ou 100 MHz (suivant les modèles).
 
 

Le K6-III

Lorsqu'il fut de notoriété publique qu'Intel allait sortir un Pentium III, AMD se dit qu'il allait réitérer son fameux coup des K6-2 avec les Pentium II, mais cette fois ci avec un peu d'avance. Car si le Pentium II sortit un an avant le K6-2 d'AMD, cette fois-ci AMD réussit à sortit son K6-III seulement 4 jours avant qu'Intel ne sorte son Pentium III, le 22 février 1999... Mais malgré cet avantage au niveau du calendrier, l'effet de surprise n'était plus là. Le marché avait fini par se rendre compte que les K6-2 n'était pas tout à fait aussi performant que les Pentium II, et accueillirent donc plus froidement cette énième mouture de K6.
Pourtant, même si techniquement l'évolution entre le K6-2 et le K6-III était faible, puisqu'il ne s'agissait "que" de l'intégration d'un cache L2 de 256Ko au coeur du processeur (auparavant déporté sur la carte mère), celà procurait au K6-III de bien meilleures performances que son prédécesseur, et lui permettait même de faire quasi jeu égal avec le Pentium III à coeur Katmai.
Mais ce cache posa de nombreux problèmes :
- Premièrement, il augmentait de façon drastique la taille de la puce, passant de 8,8 millions de transistors pour les K6-2 à quasiment 22 millions pour les K6-III. Sans tenir compte des rendements spécifiques, qui font que plus la puce est grosse plus les rendement sont faibles, AMD mettait donc près de 3 fois moins de K6-III sur une galette de silicium que de K6-2.
- Deuxièmement, et c'est bien connu, le cache a tendance à être un frein à l'augmentation en fréquence, et le fait qu'AMD n'ait pas re-conçu sa puce pour tenir compte de cette contrainte fit que le K6-III ne réussit jamais à dépasser les 450 MHz, alors que le K6-2 (sans cache L2) alla jusqu'à 550 MHz (et même 570 Mhz dans sa version "+").


Core de l'AMD K6-III


Enfin, le fait que dans le même temps AMD avait sorti ses Athlon, bien plus performants et pas plus couteux à produire, finit d'achever les 2 seuls modèles de K6-III commercialisés, cadencés à 400 et 450 MHz.
 
 

Les versions "+"

Contrairement à Intel, et c'est encore valable à ce jour, AMD n'a jamais été très porté sur les déclinaisons mobile de ses processeurs. Mais le marché des ordinateurs portable, au début des années 2000 commencait à prendre de plus en plus d'importance, et il n'était pas bon pour AMD, de laisser ce marché intégralement à Intel, qui le dominait allégrement avec des solutions très compétitives.
Les premiers K6 orientés mobile passèrent complètement inaperçus : même nom, même design, même package, même fonctions. Seule la tension de fonctionnement et donc la consommation, était légèrement abaissées. Ce qui était insuffisant.
Pour ses K6-2 et III, AMD décida de s'améliorer, et comme à l'époque, ils étaient plutôt doués en marketing, la première chose qu'ils firent fut de changer le nom de ses versions "mobile". C'est ainsi que les K6-2+ et K6-III+ virent le jour, le 18 Avril 2000.

Techniquement, même s'ils ne permettaient pas de rattrapper le retard sur Intel, le changement opéré par AMD était signficatif : intégration de la fonction PowerNow ! équivalente à l'Intel SpeedStep, permettant de réduire la fréquence et la tension de fonctionnement du processeur au repos, réduction de la finesse de gravure permettant au processeur de consommer et chauffer moins, en utilisant une tension de 2.0V (au lieu des 2.2 ou 2.4V des versions "Desktop"), et dans le cas du K6-2+, amélioration des performances par rapport au K6-2 via l'intégration d'un cache L2 de 128K.
Par contre, AMD ne proposa pas de format réduit, ce qui freina beaucoup son intégration dans les PC portables. Il était en effet plutôt mal aisé d'intégrer dans un portable, un processeur de près de 5 par 5 cm, plus son gros socket 7, là où Intel proposait des µ-sockets voire du BGA pour des processeurs de 3,4 par 2,8 cm (format µPGA2)... Ce qui fit qu'en pratique, on retrouva plus les K6-2+ et K6-III+ dans les PC de bureau que dans les portables.


 
En conclusion, le K6, même s'il ne fut pas le meilleur processeur de son époque, permit à AMD de se sortir d'une situation plutôt inconfortable, de rattrapper en moins de 3 ans son énorme retard sur Intel, et surtout de retrouver une place dans le coeur du public sur le marché des processeurs de PC. Pour toutes ces raisons, il est indéniable que le K6 fut un énorme succès pour AMD, peut-être pas le plus gros, mais certainement le plus important.